City Guide — 02 · Maroc
Marrakech
Get lost. Stay curious. Eat with your hands.Marrakech n'est pas une ville que l'on visite dans le bon ordre. On peut partir chercher un musée et finir devant un sandwich à 12 dirhams, entrer dans une boutique pour cinq minutes et en ressortir une heure plus tard, traverser une porte qui ne ressemble à rien et découvrir un jardin, une collection d'art ou quelqu'un qui vous offre un thé. C'est ici, entre deux comptoirs de la médina, que les premiers colliers KIBO ont été montés — perle par perle. Notre conseil : gardez quelques adresses dans votre téléphone, mais pas trop de programme. Marchez. Regardez les portes. Et de temps en temps, rangez Google Maps.
Commencez avant que Marrakech ne soit complètement réveillée. Sur Riad Zitoun el Kdim, Pronto Caffè tient dans presque rien : un comptoir en bois, une machine à espresso, quelques mètres carrés. Prenez un café — le cortado épicé est une bonne idée — puis demandez au barista où il irait déjeuner. Les gens qui font du bon café connaissent généralement d'autres gens qui font de bonnes choses.
→ Rue Riad Zitoun el Kdim, médinaMaintenant, perdez-vous. Pas métaphoriquement : rangez réellement votre téléphone pendant une heure. Les rues de Marrakech ont cette capacité étrange à vous faire passer en quelques mètres d'un souk rempli de monde à une ruelle parfaitement silencieuse. Si Google Maps dit à droite et qu'une rue à gauche semble plus intéressante — allez à gauche.
Quelque part derrière Rahba Lakdima se cache le riad-galerie de l'artiste Hassan Hajjaj. Photographie, mobilier fabriqué à partir d'enseignes récupérées, couleurs saturées, culture populaire marocaine : son univers envahit la maison entière. L'entrée ressemble à celle d'une maison privée — entrez, montez, prenez un thé. Si vous avez l'impression de vous être trompé d'adresse, vous êtes probablement presque arrivé.
→ 52 Derb Aarjane, Rahba LakdimaNe vous fiez surtout pas à la façade. Derrière le 144 Arset Aouzal : tapis empilés, lanternes, tables, objets anciens, verrerie, paniers. Moins une boutique qu'un endroit dans lequel on fouille. Ne venez pas avec une liste — demandez à voir ce qui est caché derrière.
→ 144 Arset Aouzal
Il est temps d'arrêter les belles adresses. Cherchez Chez Omar et les petits snacks autour : plaque chauffante, pain, harira, tabourets en plastique. Commandez ce qui part le plus vite — le sandwich mixte est une bonne option. Ne cherchez pas à savoir si l'endroit figure dans un guide. Regardez plutôt qui mange à côté de vous.
→ Derb DabachiVous allez en croiser des dizaines : un comptoir, des bananes suspendues, des oranges, un blender qui a vu passer quelques millions de fruits. Orange si vous voulez faire simple, avocat-banane si une boisson peut raisonnablement remplacer un déjeuner. Quelques dirhams plus tard, repartez. Pas de pin, pas de réservation, pas d'Instagram. C'est aussi ça, un city guide.
Pour un déjeuner beaucoup plus lent, gardez La Famille pour un autre jour. Une porte discrète de Derb Jdid cache un jardin lumineux, une cuisine essentiellement végétarienne, simple et saisonnière. On entre avec le bruit de la médina dans la tête et, cinq minutes plus tard, tout a ralenti. Ne prévoyez rien juste après.
→ 34 Derb JdidPrès de la Medersa Ben Youssef, poussez la porte : un riad, des zelliges turquoise, un patio, une maison construite autour du thé marocain. La carte explore les traditions régionales — menthe, herbes, rose. Choisissez celle dont vous comprenez le moins la composition. C'est souvent une bonne méthode en voyage.
→ 12 Place de la Kissariat Ben YoussefUn foundouk était autrefois un lieu où commerçants, marchandises et animaux s'arrêtaient en chemin. Celui-ci garde quelque chose de cette idée du refuge : une cour, un grand arbre, de l'art, de quoi boire. Pas un lieu où « faire quelque chose » — un lieu où ne rien faire pendant une heure. Suffisamment rare pour figurer ici.
→ 9 Rue de la KoutoubiaNe vous inquiétez pas, ce n'est pas une boucherie — c'est justement le principe. Un concept store qui détourne les codes marocains en T-shirts, illustrations et objets graphiques. L'endroit où ramener quelque chose de Marrakech qui ne ressemble pas à un souvenir de Marrakech.
→ 126 Rue Riad Zitoun el KdimPrenez un taxi. La transition est volontairement brutale : on quitte les murs roses et les ruelles pour une zone industrielle remplie de garages et d'entrepôts. Et c'est précisément là qu'une partie du Marrakech créatif contemporain s'est installée.
Céramique, textile, peinture, mobilier, vêtements — fabriqués à Marrakech avec des artisans locaux, mais dans un vocabulaire totalement contemporain. Pas une reproduction nostalgique de l'artisanat marocain : une continuation. Regardez particulièrement les céramiques et les textiles.
→ 59 Rue Sidi GhanemQuelques rues plus loin, retrouvez Hassan Hajjaj — Jajjah, son nom presque à l'envers. Café, thé, restaurant, galerie et boutique dans un univers pop marocain immédiatement reconnaissable. Prenez un thé, regardez l'exposition, observez surtout le contraste avec le Marrakech du matin. C'est la même ville.
→ 114–116 Rue Sidi GhanemAnother afternoon
—À Al Maaden, le Musée d'Art Contemporain Africain Al Maaden rassemble peinture, photographie, sculpture et création contemporaine d'Afrique et de sa diaspora. L'espace est calme, loin de l'énergie de la médina. Prenez votre temps, puis restez au café ou dans le jardin avant de repartir.
→ Al Maaden, Sidi Youssef Ben AliLa nuit tombe
6:57 PMNe montez pas directement sur le toit : le parcours passe par un espace d'exposition et un concept store avant d'arriver au rooftop. C'est ce qui rend l'adresse intéressante. Puis commandez quelque chose et laissez Marrakech faire le reste — à cette heure-là, les murs changent de couleur toutes les dix minutes.
→ 58 angle Rue El Ksour & Rue Fhal Zefriti
Montez sur la terrasse juste avant la nuit. En dessous, Jemaa el-Fna commence son deuxième service : les stands apparaissent, les lumières s'allument, la fumée monte, la foule change. Ne venez pas uniquement pour dîner. Venez regarder la place devenir Jemaa el-Fna.
→ 1 Rue Riad Zitoun el Kdim
Il existe des vues que l'on photographie, et d'autres devant lesquelles on finit par poser le téléphone. Depuis les terrasses, Marrakech devient presque monochrome : terre, orange, poussière, puis bleu. Le secret n'est pas le coucher de soleil — ce sont les vingt minutes juste avant.
→ 50 Derb Tbib, Riad Zitoun el JdidTerminez à Guéliz. Derrière une façade discrète, un laboratoire de nuit : verrerie, bouteilles, lumière basse et cocktails construits avec beaucoup plus de précision que ce qu'on attendrait d'un dernier verre. Installez-vous au bar, regardez travailler, commandez quelque chose que vous n'auriez jamais choisi. Puis oubliez l'heure.
→ Rue Moulay Ali, GuélizAnother morning
—Le lendemain matin, Marrakech peut attendre. À Guéliz, une nouvelle génération d'adresses : specialty coffee, lignes minimalistes, art, vinyles — et aucune envie de recréer artificiellement une médina à l'intérieur. Commandez un filtre, choisissez un disque, restez.
→ 3 Rue El Imam Malik, GuélizCoup de cœur — hors les murs
—Quand Marrakech devient trop pleine, prenez la route d'Amizmiz. Une kasbah posée entre l'Atlas et le désert d'Agafay — pierre, terre, artisanat, silence. On y va pour une nuit ou juste pour le déjeuner face au vide, et on revient à la médina comme lavé. Notre coup de cœur absolu.
→ Route d'Amizmiz km 27, Tamesloht — désert d'AgafayThe Marrakech Rules ✳︎
Sans Google Maps. Même trente minutes suffisent.
Si tout votre séjour se déroule dans de magnifiques riads, vous aurez raté une partie de Marrakech.
Avant de négocier un objet, demandez qui l'a fabriqué et où. La conversation devient immédiatement plus intéressante.
À Marrakech, la façade dit rarement ce qu'il y a derrière.
Particulièrement autour de Derb Dabachi. Les petits établissements appelés « Snack » sont souvent une meilleure piste que les restaurants les plus visibles.
Même si la zone industrielle ne ressemble absolument pas à l'idée que vous vous faisiez de Marrakech.
Portes, plafonds, terrasses, fils électriques, minarets, enseignes peintes. Marrakech se passe autant au-dessus de votre tête que devant vous.
Le meilleur souvenir de la journée sera probablement quelque chose qui n'était pas prévu.
One last thing
Marrakech peut parfois sembler avoir été transformée en décor. Les riads parfaits, les piscines, les rooftops, les paniers, les murs terracotta. Ils existent, et certains sont magnifiques. Mais la ville devient beaucoup plus intéressante lorsqu'on commence à regarder entre les adresses. Le vendeur de jus. Le type qui répare un scooter. Le pain qui sort du four collectif. Le café où personne ne parle anglais. La porte qui n'a pas d'enseigne. Le sandwich à douze dirhams après une galerie d'art contemporain. C'est là que les deux Marrakech commencent à se mélanger — et c'est généralement là que le voyage commence vraiment.
La carte complète, dans votre poche
Toutes les adresses du guide prêtes à ouvrir dans Google Maps, plus celles qu'on ne publie pas — le carnet de famille. Et l'accès aux éditions limitées avant tout le monde.
Accès immédiat · Six lettres par an, pas davantage
Les premières pièces
Les premiers colliers KIBO ont été montés ici, un soir d'été, sur un toit de la médina. Tout le reste a suivi.
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